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 Le Tabac

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MessageSujet: Le Tabac   Mar 3 Nov - 22:29



Principle >> Encyclopédie de Fatwas Numéro: 4016
Sujet: fumer
Le Mofti: Conseil de Fatwa

Question:

Nous avons pris connaissance de la demande enregistrée sous le numéro 679, pour l'année 2004, comprenant ce qui suit:

La demande de l'ambassade de lui faire parvenir la Fatwa, émise par le siège égyptien de Fatwas, relative au fait de fumer et de présenter les méthodes de la mise en application de cette Fatwa en Egypte.

Réponse:

L'Islam qui a honoré l'être humain lui a ordonné de préserver son âme et sa raison. Il les a classé parmi les cinq nécessités que l'être humain est appelé à les préserver, à savoir, la religion, l'âme, la procréation, la raison et les biens pour que l'être humain puisse être le vicaire d'Allah sur la terre et peupler la terre.
D'ailleurs, l'alcool est prohibé par la Chari‛a. En vertu de ce qu'Allah-qu'Il soit exalté- dit : «Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination, ne sont qu'une abomination, œuvre du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez.» [Al-Mā’idah, la table servie, v.90]. Le Prophète -à lui bénédiction et salut- a dit : «Que la malédiction d'Allah soit sur celui qui boit le vin, celui qui le transporte, celui pour qui il est transporté…»
De même, les drogues sont prohibées par la Chari‛a car, le Prophète -à lui bénédiction et salut- a dit : «Tout ce qui enivre est vin et tout vin est interdit.», cité par Muslim. Il a, également, dit : «Tout ce qui provoque l'ivresse en grande quantité est interdit ne serait-ce qu'une petite quantité.»
Le fait de fumer est, encore, interdit par la Chari‛a. Allah-le Très Haut- dit : « Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous.» [Sourate An-Nisā’, les femmes, v.29] et dit : «Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction. » [Sourate Al-Baqarah, la vache, v.195]. De même, le Prophète -à lui bénédiction et salut- a dit : « On ne doit faire du tort ni à lui-même, ni aux autres.», cité par Ahmad.
Par analogie avec les boissons enivrantes et les drogues qui sont classées parmi les actes infâmes, on a prouvé l'interdiction de fumer; voire le fait de fumer est plus nocif à l'être humain par rapport aux boissons enivrantes car ses méfaits ne se limitent pas au fumeur mais touchent également son entourage.
En général, la Chari‛a a interdit à l'être humain de se faire mal, totalement ou partiellement, par n'importe quel moyen de faire souffrir. Elle menace celui qui néglige cet ordre d'être destiné à l'Enfer d'une façon éternelle: le Prophète- à lui bénédiction et salut- a dit : «Celui qui s'est tué d'un bâton de fer, verra, dans le feu de l'enfer où il séjournera à jamais, se percer le ventre avec cet objet. », cité par Muslim.
En vue de préserver l'âme et la raison de l'être humain, la Chari‛a a prescrit un code pénal à appliquer sur le buveur du vin. Ce dernier va être fouetté quatre vingt coups du fouet; il doit subir la même punition à chaque fois qu'il répète cet acte.
Les jurisconsultes ont opté pour punir celui qui consomme les drogues. On laisse le soin au juge de déterminer la nature de cette peine selon les circonstances et l'ampleur des conséquences fâcheuses sur le consommateur en personne ou sur la société. Cette peine est à appliquer également sur les fumeurs ou les tabagistes quelle qu'elle soit la forme du tabac qu'ils fument. Cette peine peut aller jusqu'à la condamnation à mort selon la gravité du crime commis, d'après l'avis des jurisconsultes.
Mais, si les méfaits de la consommation de ces choses prohibées touchent les autres, provoquant des corruptions sur terre et portant atteinte à la sécurité de la société, ces crimes seront comptés parmi les crimes du brigandage, du viol…etc, sur lesquels s'appliquent la peine légale citée dans le verset suivant : « La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas; et dans l'au- delà, il y aura pour eux un énorme châtiment » [Al-Mā’idah, la table servie, v.33].
De même, on doit aggraver la peine sur celui qui consomme le vin, les drogues ou celui qui fume au moment de l'appel à la prière ou dans une mosquée ou dans un lieu sacré. Il en va de même si le fautif est un médecin, professeur, ou artiste populaire. Et ce, car ces moments et ces lieux jouissent d'un caractère sacré en Islam et dans l'esprit des musulmans, méritent l'estime et la protection. Aussi, les médecins, les profs, et les acteurs sérieux donnent l'exemple à suivre et exercent une grande influence sur les gens.
Face à cette corruption, force est, pour les autorités compétentes, de prendre certaines mesures nécessaires, à titre d'exemple, elles peuvent consacrer des hôpitaux pour soigner ces malades et éviter ainsi à la société le danger qu'ils pourraient causer à la société dans le but de les réhabiliter et leur rendre la santé et la raison. On peut annoncer la présence de tels hôpitaux dans les médias, les écoles ou les mosquées et promulguer des lois en interdisant la consommation pour protéger la société.

Allah Seul le sait par excellence.



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MessageSujet: Re: Le Tabac   Lun 23 Nov - 10:20





Question :

Certains frères disent qu’il est interdit de fumer la cigarette. Mais y a-t-il réellement un verset du Coran ou un Hadîth du Prophète (sur lui la paix) l’interdisant ?


-Réponse :

Il n’y a pas de texte explicite du Coran ou des Hadîths à propos de la cigarette. Mais pouvoir dire d’une chose qu’elle est permise, ou déconseillée, ou interdite d’après les règles de l’islam ne dépend pas uniquement de l’existence d’un texte explicite du Coran ou des Hadîths sur le sujet : les causes juridiques (illa) et les principes généraux (maslaha mursala), extraits des textes du Coran et des Hadîths, permettent également de le dire, par le biais de la recherche du principe qui est présent dans une chose donnée (c’est ce qu’on appelle le tahqîq ul-manât).

Après l’apparition de la cigarette au cours des quatre derniers siècles, les savants musulmans ont, sur la base des causes juridiques et des principes généraux, émis des avis au sujet de fumer la cigarette. Et ces avis ont été différents…

1) Se fondant sur le fait que la règle originelle concernant toute chose est la permission tant que rien dans cette chose ne se trouve qui a été interdit par les textes, certains savants ont dit que fumer la cigarette était permis.

2) Ayant découvert que fumer la cigarette provoquait une certaine dépendance à l’égard de celle-ci, un gaspillage d’argent conséquent et même du tort à la santé, et sachant qu’avoir recours à ce qui entraîne ces choses-là est interdit, d’autres savants ont mis en exergue que fumer la cigarette est fortement déconseillé (mak’rûh tahrîman), ou même interdit (harâm).

3) D’autres savants encore ont donné un autre avis : un de ceux-ci est que la réponse est circonstanciée : fumer une cigarette n’est en soi pas interdit à qui cela ne cause pas de tort, mais cela est interdit à celui à qui cela cause du tort.

Il faut ici souligner que cette divergence d’avis sur la question n’est pas liée à l’appartenance à telle ou telle école juridique (hanafite, malikite, chafiite, hanbalite). Au contraire, écrit al-Qardhâwî, au sein de chacune de ces écoles il s’est trouvé des savants qui ont dit que fumer la cigarette était permis, d’autres qui ont été d’avis que cela était fortement déconseillé, d’autres qui l’ont déclaré interdit.

Les principes et leur application concrète, en fonction de la connaissance de la réalité :

Al-Qardhâwî écrit que dans la jurisprudence musulmane, nous avons besoin d’une part de la connaissance et de la compréhension des textes et principes de nos sources (fahm ul-wâjib), et d’autre part de la connaissance et de la compréhension de la réalité (fahm ul-wâqi’) afin de pouvoir appliquer les principes de nos textes à ce qui constitue la réalité. Alors, bien sûr, tous les savants sont d’accord pour dire que la règle première relative à une chose non purement cultuelle est la permission, tant que ne se trouve pas dans cette chose une cause juridique source d’interdiction ou de caractère déconseillé. Tous les savants sont également d’accord à dire que le principe en islam est que tout ce qui cause du tort à la santé physique ou mentale de l’homme, celui-ci doit s’en abstenir). Tous les savants connaissent ces deux principes : la règle de la permission originelle et le fait que la nocivité constitue une des causes d’interdiction. En fait, s’il y a eu divergence dans les avis des savants à propos de fumer la cigarette, c’est parce qu’il y a eu divergence non dans l’interprétation de textes (fahm un-nussûs) mais dans le question de savoir quel principe est applicable (tahqîq ul-manât), et ce parce que la réalité de la cigarette et de ses propriétés (fahm ul- wâqi’) n’était pas encore connue ; en effet, c’est assez récemment, au cours du XXème siècle, que les torts causés par la cigarette ont été mis en évidence par des médecins et des chercheurs.

C’est cette non-connaissance de la réalité des torts de la cigarette qui explique l’avis n° 1 rapporté plus haut. C’est ce qui explique aussi l’avis n° 3 : on ne savait pas encore que celui qui s’adonne à la cigarette en devient en général peu à peu dépendant. Mais depuis la mise en évidence des risques liés à la consommation de cigarettes, ce qui apparaît aujourd’hui c’est que c’est l’avis n° 2 qui est pertinent : en regard du fait que les principes extraits du Coran et des Hadîths interdisent la consommation de tout ce dont on sait que cela nuit à l’homme sur le plan physique ou mental, et en regard du fait qu’il est maintenant établi que fumer la cigarette nuit de façon certaine à l’homme, la cigarette est interdite (harâm) ou fortement déconseillée (mak’rûh tahrîman).

Al-Qardhâwî, qui donne préférence à l’avis disant que la cigarette est interdite (harâm), précise cependant : dira-t-on pour autant qu’il s’agit d’un péché du même niveau que la consommation d’alcool ? Non, répond-il, car en islam les interdits ne sont pas tous du même niveau. De plus, souligne le savant, il ne faut pas jeter la pierre à celui qui est devenu accro au tabac, qui lutte pour s’en libérer, qui réussit un jour et plonge le lendemain : au lieu de lui lancer à la figure un “Tu fais ce qui est mauvais en islam”, on devrait l’encourager et l’accompagner pour qu’il puisse s’en libérer progressivement : son intention est là, son effort aussi, il faut l’encourager et l’accompagner. Toute méthode ne contrevenant à aucun principe de l’islam et permettant de s’en libérer est la bienvenue. (Cf. Fatâwâ mu’âssira, al-Qardhâwî, tome 1 pp. 654-669.)

Le savant hanafite ash-Shâmî est lui aussi d’avis que consommer la fumée du tabac ou en vendre sont tous deux interdits (mamnû’) (Radd ul-muhtâr, cité par Khâlid Saïfullâh, Jadîd fiqhî massâ’ïl, nouvelle édition, p. 363).

Wallâhu A’lam (Dieu sait mieux).

source : maison de l'islam

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